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La révolte du Pronétariat sur France Culture

Les Matins du 19 janvier 2006 par Nicolas Demorand

 

Qu’est-ce que le « pronétariat » ? Un nouveau type de démocratie virtuelle créée par tous les citoyens du monde férus d’Internet. Ce matin, Joël de Rosnay , ancien chercheur et enseignant au MIT, conseiller du président de la Cité des sciences et de l’industrie et cofondateur du site Agoravox avec Carlo Revelli, nous plonge dans l’univers des blogs, des « flux » et des « buzz ». Il nous explique comment le recours à Internet a entraîné une mutation profonde du monde de l’information. Dans cette perspective, il propose de repenser les liens entre virtuel et réel sur le mode non plus du conflit, mais de l’échange et de la complémentarité. Univers à part entière plutôt que simples instruments de diffusion de l’information privée et subjective, les blogs doivent être perçus d’abord comme l’émergence d’une nouvelle expression citoyenne.

Pourquoi la révolte du "pronétariat"? Ce site, en forme de blog, présente l'ouvrage de Joel de Rosnay et Carlo Revelli, qui expose comment la création collaborative et la distribution d’informations de personne à personne, confèrent de nouveaux pouvoirs aux utilisateurs d'ordinateurs personnels, jadis relégués au rang de simples "consommateurs". Des outils "professionnels" leur permettent de produire des contenus numériques à haute valeur ajoutée dans les domaines de l’image, de la vidéo, du son, du texte, jusque là traditionnellement réservés aux seuls producteurs de masse, propriétaires des "mass media". Tous les internautes consultant ce site peuvent à leur tour "poster" leurs commentaires.

AgoraVox, Media citoyen

AgoraVox constitue l’une des premières initiatives européennes de "journalisme citoyen" à grande échelle complètement gratuit. Le constat de départ est simple : grâce à la démocratisation effective du multimédia et des NTIC, tout citoyen peut devenir potentiellement un "reporter" capable d’identifier et de proposer des informations à haute valeur ajoutée. Munis d’un simple téléphone, d’un ordinateur, d’un appareil photo ou d’une caméra numérique des milliers d’internautes ou de bloggeurs peuvent désormais réaliser un travail de proximité incroyable qu’aucun média, aucune organisation, aucune association ne pourrait mener. Les citoyens deviennent ainsi de véritables "capteurs en temps réel" de ce qui se passe à chaque instant sur la planète, en ayant la possibilité de fournir des articles, des images, des extraits vidéo ou audio.

janvier 20, 2006 dans Revue de presse | Permalink

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Commentaires

Encore bravo : cette émission est d'une clarté fulgurante. Ce qui en découle est richissime. L'on croirait une immersion en territoire macroscopique, le tout injecté dans la tresse technique-économie-sociologie.


Rédigé par : Lionel | 21 jan 2006 11:04:28

Ce qui fascine dans l'histoire, c'est la propension hyperbolique des échanges et des réactions. C'est aussi cette modulation des connaissances qui va croissante et qui permettra sans nul doute d'éclairer un certain nombre de phénomènes d'actualité, d'information des faits. Le savoir sera ouvert à tous. Le champs des connaissances culturelles sera abordable pour tout à chacun. Mais comment dans ce dédale de productions, acquérir le discernement permettant de mesurer toute cette étendue de savoir et ne pas tomber dans la dilution du savoir, voire la démesure ?

Chaleureusement,

Christian


Rédigé par : Christian Pradel | 26 jan 2006 20:53:09

Christian, c'est une vraie et bonne question. Face à "l'infopollution", une des réponses pourrait être la pratique d'une "diététique de l'information" : savoir sélectionner les sources, filtrer les messages entrants, contextualiser les thèmes pour donner du sens à ce flux continu. Sinon, c'est la boulimie informationnelle, la pléthore qui nous guettent, et donc la démesure que vous signalez très justement. Il nous faudra sans doute apprendre à se "débrancher", à se "déconnecter", pour savoir se rebrancher et se reconnecter sélectivement quand cela est nécessaire. Ce qui implique choix personnels et responsabilisation en fonction de valeurs. C'est sûrement plus de temps et de travail, mais cela en vaut la peine. Peut-être devrons nous aussi remplacer l'excès d'informations par un surcroît de sagesse !


Rédigé par : Joël de Rosnay | 29 jan 2006 17:52:57

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